Vite, une Ligue fermée !!!!

Publié le par thinktank-frenchbasket

Bon allez ce coup-ci je me lance. Et je le fais avec d'autant plus de légèreté qu'à ma grande surprise le Président de la LNB lui-même a évoqué le sujet brûlant de la Ligue fermée.

 

http://basketactu.com/identite-regionale-ligue-fermee-draft-beral-sexplique/

 

bearbeitet_a_bombe02.jpgMais à la différence du Président de la LNB, je n'envisage pas cette ligue fermée dans le cadre d'une stratégie de repli qui voudrait qu'on tourne le dos au plus haut-niveau européen, mais plutôt comme une arme offensive au service de l'ambition de revenir au premier plan. Simplement parce qu'à mon avis, il n'y a que le meilleur qui peut intéresser le plus grand public, celui que le basket français a besoin de conquérir par l'intermédiaire des médias. Et pour les médias, jamais l'option du "keep the best and leave the rest" n'a été aussi présente.

 

De mon point de vue, le concept de ligue fermé constitue la bonne solution pour les raisons suivantes :

 

1/ il nous faut attirer des investisseurs puissants, remettre du carburant nouveau dans nos moteurs. Quand je dis investisseurs, je parle d'entités, individus ou entreprises, à-même d'immobiliser des richesses en capital qui soient consacrés aux nécessaires développements. Or ce qui "drive" les décisions d'un investisseur, c'est un potentiel de développement d'une part et la prise en compte des risques d'autre part. Tant que subsistera le risque d'une relégation sportive, de PROA à PROB ou d'une qualification à une coupe d'Europe à une non-qualification, n'importe quel investisseur tournera immédiatement les talons. Et je suis bien placé pour savoir que toute forme de puissance financière ne protège jamais de l'aléa sportif. Présever un investisseur des risques inhérents à l'aléa spotif, cela passe par une Ligue fermée.

 

J'anticipe les critiques qui pourraient fuser sur le point que le PSG a attiré des investisseurs dans un championnat qui n'est pas fermé. Mais on est là sur une discipline recelant un bien plus fort potentiel de retour sur investissement, lequel potentiel suffit à contrebalancer la nature des risques encourus. Mais puisqu'on parle du foot, combien d'investisseurs puissants s'y sont risqués en France depuis l'échec du Matra Racing il y a bientôt 30 ans. On les compte sur les doigts d'une main. Donc même le foot a du mal à en trouver dans un contexte de ligue ouverte et ne doit sans doute son salut qu'à la mise en oeuvre de la Ligue des Champions qui par le puissant effet des droits TV distribués aux participants a constitué une marche quasi infranchissable entre ceux qui en sont et sont qui en sortent. Une autre forme de ligue fermée.

 

2/ il faut donner le temps aux clubs concernés de développer leur ressources et donc, le cas échéant, de faire l'impasse pendant un temps sur la compétitivité sportive, sans prendre le risque de la rétrogradation, pour concentrer leurs moyens sur des investissements de développement : campagnes de pub, campagnes de commercialisation, etc... Si les Clippers ont mangé leur pain noir pendant des années avant de regrouper sous le même maillot chris paul et blake griffin, ils ont préparé ce coup de force en travaillant leur marché en profondeur. Et c'est indispensable. Le basket est à ce point sous médiatiser qu'aucun flux financier n'émergera spontanément d'un marché. Il faut déployer des effotrs conséquents pour aller chercher des annonceurs, remplir des salles, etc... Car dans mon esprit, il convient de fixer comme objectif budgétaire pour les clubs engagés dans cette ligue fermée une douzaine de millions d'euros en moyenne, avec des points entre 15 et 20 millions d'euros. Pour les générer, il faudra commencer par tendre si ce n'est vers les 10.000 spectateurs de moyenne que connait l'Alba Berlin, en tout cas vers 8.000 avec un ticket moyen de 40 € (qui reste en deça du ticket payé en moyenne pour les concerts) et donc vers une recette aux guichets de 6,5 m€ sur une saison à 20 matchs à domicile. Pour les faire, il faudra mobiliser les moyens d'une force de vente de 12 à 15 commerciaux, soit un investissement de 500k€ environ qu'aucun club ne fera au détriment du recrutement d'un joueur supplémentaire si continue à prévaloir l'urgence du maintien sportif. Une fois que les salles seront remplies, et pour peu qu'elles soient conçues comme de véritables générateurs de ressources (cf. Arena et ARENA ), le reste (sponsoring, produits de RP, recettes de Food&Beverages, ...) suivra pour nous faire tendre vers les 12 m de revenus hors subventions.

 

3/ il faut urgemment repositionner le Basket sur les plus gros marchés.

Parce que c'est sur ces gros marchés qu'on va trouver les ressources financières pour atteindre les niveaux de budget ci-dessus évoqués. Qu'ils s'agissent de ressources provenant des activités BtoC (consommateurs particuliers) ou BtoB (consommateurs entreprises).

Parce que ce sont ces marchés là qui sont "marketables". On en revient là aux investissements qataris sur le PSG. Ils ont expliqué au moment de leur arrrivée que c'est aussi la marque Paris qui les avait attiré. Qui pourra me convaincre qu'un Cholet-Chalons par ex. est tout aussi attractif pour le grand public qu'un Paris-Marseille. Et si je devais me tromper, comment expliquer que Sport + consacre autant de ses rencontres à la couverture de l'ASVEL Lyon-Villeurbanne si ce n'est que c'est avec cette équipe que la chaine cryptée satisfait le plus large éventail de ses abonnés ?

 

Je prétends donc qu'il nous faut mettre en place une ligue fermée composée de 6 à 10 équipes positionnées sur les marchés de Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Lille, Strasbourg, Nice, Nantes ... Que les critères d'accès à cette Ligue doivent porter en priorité sur la présence d'investisseurs et sur la présence d'une salle. Qu'on ne sollicitera pas de subventions de fonctionnement auprès des villes concernées mais qu'on les incitera à investir dans un équipement.

 

Une fois cela posée, il faudra s'interroger sur les formules sportives et réglementaires à mettre en place pour atteindre les objectifs fixés (Quels objectifs prioritaires pour notre Basket ? ) et notamment la restauration d'une compétitivité européenne, et sur ce qu'il adviendra de ceux qui ne seront pas concernés par cette ligue fermée et qu'il faudra projeter vers une mission toute aussi noble.

 

Nous évoquerons ces deux points dans les prochains jours.

 

Voyons déjà les réactions que va faire naitre cette première bombinette ;-)

 

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Stéph 11/03/2012 07:06

Mr Thiodet,

J'ai bien lu l'ensemble de votre projet et je dois avouer que je le trouve séduisant.

Mais le nerf de la guerre restant le budget, je reviens sur la question restée en suspens : comment pensez-vous arriver à une moyenne de 40 €/personne/match ?

J'ai vécu à Pau, j'allais voir tous les matchs car ça me coûtait 15€/match et il y avait en moyenne 1 match par semaine (en 2006-07 avec Euroleague et Top16 !) pour un budget de 60€/ mois (120€ car
j'y allais avec ma femme).
Il m'apparait impossible de faire la même chose avec un ticket moyen de 40€ même en grande agglo.

Le sport n'est pas un spectacle comme les autres, les passionnés veulent voir tous les matchs.
A moins d'envisager de sortir de la salle les supporters qui assurent l'ambiance au profit de spectateurs-payeurs ???

Merci vraiment de m'éclairer à ce sujet, je trouve que sans réponse précise à ce sujet, votre projet aussi séduisant soit-il, est assis sur du sable.

Pierro 10/03/2012 17:43

Je reviens d'abord sur 1 point: "il faut donner le temps aux clubs concernés de développer leur ressources et donc, le cas échéant, de faire l'impasse pendant un temps sur la compétitivité
sportive". Prendre les Clippers en exemple, avec leurs 30 ans d'incurie administrative et sportive, c'est un peu extrême comme exemple...Par contre, quand je vois l'ASVEL qui nous a servi ce
refrain depuis des années et que sportivement ça ne décolle toujours pas, malgré la présence de 4/5 jeunes français de très grand talent (mais à qui on ne laisse pas les clés de la boutique), je
constate que, soit ça ne marche pas, soit on n'a pas envie que ça marche.

Concernant un prix moyen des entrées, quand je vois les tarifs pratiqués en Pro A (15 à 35 euro à Pau, Cholet, Le Mans,etc contre 7 ou 15 euro à Paris), avec des taux de remplissages non liés aux
tarifs, je cherche toujours la logique. Mais personellement, aller voir un match de Pro A en famille, c'est maxi 1 fois par an. Le budget est trop lourd, surtout comparé à la piètre qualité
d'accueil des salles, à l'absence d'animations dignes de ce nom en marge du match, etc.
Si tous ces critères étaient remplis, peut être que je serai plus enclin à accepter de payer 25 euro ma place plus souvent. Aujourd'hui, niet.

Petit aparté sur les prix des concerts: les tarifs deviennent prohibitifs et seuls les monstres de rentabilités peuvent remplir de grosses enceintes. Je me contente de petits concerts régulièrement
pendant l'année (jamais plus de 15/18 euro) et prend mon pied au Hellfest 1 fois par an...Tout ça pour dire que là aussi, les tarifs pratiqués restent trop lourds pour multiplier les dépenses
plusieurs fois par an!

Donc si vous aviez un exemple de calcul de prix moyen (des billets "populaires/étudiants" aux VIP), je suis curieux!

Stéph 10/03/2012 07:58

J'abonde dans le sens de Nicod :
Si 40€ est le prix moyen d'un concert, celui-ci est l'évènement d'un mois, un trimestre, voire d'une année...
Or, un match de basket reviens tous les 15 jours, ou plus souvent encore s'il y a Coupe d'Europe.
Et on ne parle pas d'une famille qui souhaiterai venir voir le fameux spectacle, à 100€ le match, je ne parierai pas sur un grand nombre...

Alors, pouvez-vous nous éclairez sur la manière d'arriver à 40€ ? Car, même s'il y a une grande différence de prix entre places VIP et grand public, j'ai du mal à concevoir un prix moyen à
40€...

Merci pour votre réponse.

NicoD. 04/03/2012 18:57

J'ai une petite question concernant votre article. Vous parlez d'un ticket moyen de 40 €. De mon point de vue de spectateur, cela me paraît énorme.

Pour une compétition nationale (hors play-offs), 15 € est à titre personnel une limite max pour un billet grand public "pas trop mal placé" (c'est-à-dire en voyant bien mais sans être en forcément
présidentielle).

Avec un tarif moyen à 40 €, les abonnés ne seront pas forcément légion. Sauf à considérer qu'ils seront nombreux en dessous de cette moyenne tandis que les abonnements "entreprises" oui "VIP"
seront eux largement au-dessus.