Les principes du développement durable dans le Sport pro.

Publié le par thinktank-frenchbasket

Comment s'applique les principes du développement durable dans le Sport ?

 

Cette question s'est posée à moi quand, dans le cadre de mes fonctions de Directeur Exécutif de l'ASVEL Basket, j'en suis venu à m'interroger sur nos pratiques en terme de relations à notre environnement. Il convient pour commencer de fixer ce qui constitue l'environnement d'un sport pro au sens de lieu de production pour ses ressources naturelles. Mon appréciation a été qu'il est constitué des clubs amateurs qui l'entourent dans un rayon dépendant de l'attractivité du club pro concerné. En effet, c'est dans le creuset de ces clubs catalogués comme la base de la pyramide que le club professionnel va chercher, pardonnez la brutalité de l'image,la matière première nécessaire à la construction de ses équipes futures : les jeunes talents.

 

Quelle est la nature des relations établis par les clubs pros avec leur collègues amateurs ? Sans doute guêre productives aux yeux de ceux-ci quand on apprécie le rejet quasi systématique du monde professionnel par ces clubs amateurs. Ce rejet ne serait-il motivé que par une franchouillarde jalousie. Peut-ëtre pas si on analyse les pratiques des clubs pros en leur encontre. Au mieux ils les récompensent de leurs efforts en leur offrant quelques ballons; Au pire ils les pillent sans scrupules de leurs plus belles pépites en les agglomérant dans leurs effectifs pour parvenir à une domination sans partage dans les championnats de jeunes. Pour quel bénéfice au juste ?

 

Les clubs pros vous diraient que la logique derrière tout cela, c'est qu'ils travailleraient mieux que leurs collègues amateurs et que donc le jeune finirait par être mieux formé en venant tôt au sein de leur effectif. Cela reste à prouver. Mais quand bien même cela serait avéré, quel dirigeant de clubs pros s'est interrogé si le jeu en valait la chandelle, si on ne créait pas plus de dommages que de bienfaits en arrachant si jeune un enfant à son noyau familial au motif qu'il aurait des dispositions à faire valoir ? Mais surtout, par cette pratique, ne contribue-t-on pas plutot à assécher la source des talents plutôt qu'à la régénérer ? Ne pratiquerait-on pas exactement l'inverse de ce que commanderait un souci du développement durable ?

 

Frappé par ces questionnements, j'entreprenais en 2002 de contribuer à développer la compétence des clubs environnants de l'ASVEL pour réunir les conditions à ce qu'un jeune puisse rester dans son club d'origine le plus longtemps possible sans pour autant louper des étapes importantes de sa formation sportive. Par la création de GS Formation, j'offrais aux clubs nous entourant alors la possibilite de s'engager sur le chemin de leur professionnalisation. Le tout à travers un dispositif de formation d'"agents de développement de clubs sportifs" sur la base de l'apprentissage. Le dispositif a pleinement fonctionné. Plus de 250 clubs au cumul sont entrés dans le dispositif. Plus des 100 emplois ont été créés. La nature des relations entre l'ASVEL et son environnement Basket en a été profondément modifié, tous devenant les artisans des succès obtenus dans les catégories de jeunes par la Maison Verte.

 

Bien sur le sens profond de tout cela dépend de la cohérence de la politique sportive mise en oeuvre au sein du club pro pour faire fructifier ces efforts. Mais la logique que nous nous sommes appliqués prend également tout son sens  sur un territoire comme la Guadeloupe où je viens de lancer le CFA aux métiers du sport, de l'animation et du tourisme. Nul doute de la contribution de ce CFA à terme à la professionnalisation du sport guadeloupéen et au renforcement de ses structures. Nul doute donc qu'il contribuera en complément des efforts produits par les fédérations à l'élévation des niveaux de pratique et donc l'éclosion de plus de talents encore dont cette terre regorge : songez que Pietrus, Gelabale, Beaubois, Petro, Dinart, etc....sont gaudeloupéens et donc ont leur racine dans ce petit territoire regorgeant d'une poupulation totale correspondant au dixième de Paris intra-muros.

 

Aussi, il me vient à penser que s'il n'y a pas de clubs professionnels en Guadeloupe, tous les clubs professionnels français devraient se soucier de ce genre d'intiative pour y contribuer. Cela serait une juste contribution à la dynamique d'un territoire ressource pour les plus beaux talents athéltiques. Et cela changerait des ballons que certains envoient par acquis de conscience.

 

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Nicolas 07/09/2012 21:07

Je ne peux qu'aimer cet article. Pour avoir mis en place de A à Z le programme d'actions citoyennes du BCM Gravelines Dunkerque, je peux dire que ces actions joue un rôle très important dans le
développement du Capital Marque d'un club. le BCM, en mois de 2 ans et grâce à ce dispositif et à sa philosophie, a réussi à regagner la sympathie des clubs et basketteurs amateurs de son
environnement géographie. Et ce n'était pas une mince affairte pour un club qui était perçu comme un pilleur et qui était accusé de "vivre dans sa bulle sans s'intéresser à ce qui l'entourait". Au
final, l'image du club en a profité mais aussi son attractivité tant vers de nouveaux publics mais aussi de nouveaux partenaires tout en assurant et développant les engagements de la Communauté
Urbaine de Dunkerque sur ces sujets via une convention d'objectifs.