Gouvernance de la superligue

Publié le par thinktank-frenchbasket

En cette date "HISTORIQUE" pour le basket français (http://www.lequipe.fr/Basket/Actualites/18-clubs-dont-2-invites-en-2013/272995), j'ai décidé de me détourner de la facilité de commenter l'étroit wagon de "mesurettes" validé par la LNB et sensé relancer notre sport à coup de W.C. (sic). D'autres l'ont fait à ma place, et assez rares ont été les louanges.

 

Je vais plutot formuler quelques propositions pour les statuts, ou tout du moins la gouvernance de la Superligue que j'appele de mes voeux et fantasmes.

 

La réflexion couchée ici sur ce post n'est toutefois pas sans lien avec l'actualité de la LNB, puisque c'est de l'observation des conditions de gouvernance de la LNB que je tire les recommandations que j'expose. Depuis qu'il m'est donné d'analyser les conditions dans lesquelles les décisions se prennent au niveau du basket professionnel français, je suis frappé par les situations de juge et partie qui les sous-tendent. Avec un bureau et un comité directeur composé quasi exclusivement de représentants des clubs, nous en sommes toujours à demander son avis à celui à qui s'appliquera une décision. Evidemment difficile pour les personnes présentes d'oublier l'intérêt de leur club quand une réflexion stratégique se déclenche et de promouvoir dés lors des orientations novatrices, l'innovation appelant un changement qu'aucun des décideurs ne souhaite sur le fond. Pourvu que ça dure !

  

Pour rendre les choses plus claires, quelques témoignages sur les expériences qu'il m'a été donnée de vivre. Le premier assez futile sur le nécessaire "nettoyage" des tenues des joueurs aux fins de les rendre plus acceptables par l'oeil du profane. J'ai participé aux travaux d'une commission ad-hoc sur la question, avec d'autres représentants de clubs il y a déjà quelques six années. Pour commencer, tout le monde était d'accord : IL FAUT REDUIRE LE NOMBRE ET LA TAILLE DES SPONSORS. Une fois cela énoncé, on a vite été confronté à la situation de tel club dont les contrats de sponsoring hélas couraient sur le long terme. Puis sur tel autre qui finalement avait une idée différente. Difficile dés lors de faire émerger autre chose qu'une décision au plus petit dénominateur commun, celle qui finalement emmerdait le moins de monde. Quand vous rajoutez à cela qu'une fois la décision prise en commission, il fallait qu'elle soit validée en comité directeur, c'était la deuxième lame qui coupait le poil avant qu'il ne repousse.

 

Plus profond cette séance de mise au vote des principes du livre blanc développés en leur temps par INEUM consulting, celui qui avait refondu les championnats de Rugby (des sachants en somme). Là encore, le principe d'une recomposition d'un championnat à 14 avec 7 élus au mérite sportif, et 7 élus au mérite économico-structurel avait vite été adopté. Puis les Présidents de clubs de faire leur compte pour savoir ce qu'était leur chance d'¨être dans la deuxième catégorie. Et les mêmes de parvenir à la conclusion que devant le risque de voir émerger de potentiels plus puissants qu'eux, il valait mieux in fine ne rien changer. Et une vraie réforme de fonds remisée au placard pour être dépoussiéré en ce jour, quelques années après, en en faisant une pale réformette qui n'inquiètera parsonne.

 

Soyons bref, clair, net et précis. Les conditions actuelles de gouvernance de la LNB sont le plus puissant terreau à l'IMMOBILISME.

 

Aussi, pour la superligue dont je promeus les vertus, j'entends fixer une rêgle. Elle sera gouvernée par des experts indépendants des clubs. L'exécutif leur sera confié par un pouvoir politique composé des propriétaires des franchises de la superligue qui sanctionnera tous les quatre ans. Dans l'intervalle, l'executif tranchera seul sur les décisions à impulser, pour le seul bien de l'activité collective, soit le championnat, et non pas ses participants. Ces experts indépendants remettront ensuite à l'appareil, les permanents, la responsabilité de mettre en oeuvre au quotidien les orientations définies.

 

Parmi les experts indépendants, nous pourrons trouver des représentants des médias, des représentants des fans, des représentants des sponsors pour leur compétence marketing. Une constellation de vision conférant au basket une autre vision que celle d'un misérable intérêt particulier à défendre.

 

Je fais le pari qu'une telle gouvernance sera de nature à mettre le boss de la superligue en position de faire les réformes qu'un environnement en mutation incessante exigera. Et qu'il ne sera jamais en position d'essayer de faire passer des vessies pour des lanternes, soit une mesurette pour une réforme.

 

 

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Pierro 26/03/2012 21:39

Ca n'est plus un fossé qui sépare les pseudo dirigeants du basket français des véritables objectifs pour être compétitif au niveau européen, c'est un écart abyssal!

Entre les propositions, idées novatrices, et simples suggestions avancées depuis des années par beaucoup d'entre nous, accroc du basket, relayés ici même avec force et crédibilité indicutable, je
suis simplement aterré, une fois de plus devant ce lustrage de la LNB.

C'est tellement pathétique et futile: comment pourrait-on redevenir compétitif en diluant le faible réservoir de joueurs et de ressources économiques existants???? Pourtant, c'est la voie (de
garage) choisi par la ligue...

Je suis dépité.