Clubs omnisports : Un leurre pour le basket français

Publié le par thinktank-frenchbasket

Avec les évolutions du PSG qatari, il se répand que la solution pour le Basket serait constituée par les clubs omnisports link. On apprend donc au détour d'une déclaration du Président de la Ligue suscitée par l'évocation d'une "rencontre de salon au Parc des Princes" que le modèle des clubs omnisports constituerait LA solution, et pas seulement pour Paris. Alors intéresons nous à la réalité de ces clubs omnisports partout en Europe.

 

Real Madrid, FC Barcelona, ...... et qui d'autres ? Ah oui, le PSG.

       

 

Le modèle parisien est sans doute trop jeune pour être analysé.  Ou plutot il respose sur une spécificié que nous évoquerons plus bas. Pour le Real Madrid et le FC Barcelona l'analyse est simple. Pour avoir fréquenté les couloirs du club madrilène lors de mon passage chez adidas, je sais que 80% du budget de la section "baloncesto" est financé par le Foot. Quant au Barça, il n'est pas souvent cité par l'Euroleague et ses instances comme un modèle de structuration, lui qui continue à jouer au Palau Blaugrana, enceinte de 5.000 places, qu'il ne remplit qu'épisodiquement. Oh bien sûr, les joueurs de Xavi Pascual ne cessent de briller au firmament de l'Europe, mais là encore sur un modèle d'ultra-dépendance économique à la section foot.

 

 

Et pourtant....partout ailleurs en Espagne, des modéles économiquement pérennes se sont développés : A Malaga, avec certes l'apport d'unicaja, à Vitoria (pas le plus dynamique des marchés économiques), à Valence, et plus récemment à Bilbao. Le signe qu'il y a de la place pour l'émergence d'une économie Basket que ni le Real ni le Barça n'ont concrétisé, pourtant positionnés sur des marchés trés forts et portés par une marque de valeur internationale. Oui, mais une marque de foot.

 

Aussi, il me semble qu'en fait le modèle des clubs omnisports est castrateur pour les sports les plus faibles, dont le Basket. Quand il est en place, inscrit dans l'histoire, il fait du basket, mais aussi du hand, le jouet de quelques intérêts électoralistes. Avoir une équipe de Basket à côté de celle de Foot, c'est se donner deux fois plus de chances de gagner un titre et donc de renforcer sa position dans le cadre des processus électoraux qui jalonnent le parcours de président de ces clubs. Et c'est une façon dans le cas du Barça de servir les plus bas instincts de catalanité.

 

Pour en revenir à la situation française, mon propos n'est pas de maugréer par anticipation sur d'éventuelles prises de positions de QSI dans le Basket. Elle ne serait que bienvenues. Il est plutôt de m'interroger sur la transposabilité du modèle dans d'autres villes. Est-ce que l'OM, l'OL, le LOSC ont à s'encombrer du financement d'une section Basket tandis qu'ils luttent tous pour préserver leurs positions économiques en France et en Europe ? A quoi bon pour eux aller dépenser des millions d'€uros pour entretenir une éventuelle équipe de basket tandis qu'ils sont à la recherche du moindre sou pour déjà optimiser la compétitivité de leur équipe de Foot. Et que dire alors de Nancy, évoqué par le Président Béral quant on connait la position économique de l'ASNL.

 

Au mieux, un de ces clubs de foot pourrait franchir le rubicon. Mais il est à craindre que s'il absorbe le Basket, bien vite se pose la question de la pertinence économique d'un tel investissement et se dessine une conclusion inéluctable : il faut couper cette branche morte. Et un nouveau club disparu !!

 

Pour conclure, le modèle du PSG n'est pas tant celui d'un club omnisport que celui d'un club financé par une des plus grosses puissances économiques mondiales. C'est cela qui fait la force du PSG. C'est donc sans le savoir ce modèle là que prétendrait copier Alain Béral. Mais y-a-t'il sur la planète tant de puissances de la taille et de la détermination de QSI pour prétendre en dupliquer les méthodes ? En cela je l'affirme, le modèle PSG est un leurre pour notre Basket.

 

Ce qu'il convient d'envisager au plus vite de mon point de vue, c'est encore une fois le redéploiement économique de nos clubs autour des recettes primaires : la billetterie et le remplissage de salle qu'on espère de plus en plus spacieuses. Quand on a du mal à remplir la Palais des Congrés pour le Trophée des Champions, c'est cette réalité là qu'il nous faut affronter. Et des collaborations avec d'autres sports sont à envisager de ce point de vue en terme de mutualisation des outils, comme cela se fait aux USA, quand bien même les franchises appartiendraient à des propriétaires différents. Mais pour mutualiser, il faut avoir quelque chose à mettre dans la corbeille. Le Basket peut s'inventer comme le sport leader en matière de relations avec les Fans, d'optimisation de la fréquentation de ses salles. Ce terrain est vierge. Engouffrons nous pour affirmer nos différences et les valoriser.

 

Enfin pour conclure, c'est à la préparation d'une opposition au PSG Basket qu'il faut nous préparer. Sinon, selon le pricnipe de la NBA, une ultra domination fera vibrer le microcosme parisien un temps, avant que la lassitude ne s'impose sur le territoire. C'est quoi ce Sport où Paris gagne toujours !!!

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NicoD. 22/09/2012 20:00

Se mettre sous la coupe d'un club de football, c'est aussi prendre le risque d'être le premier fusible en cas de problèmes d'ordre budgétaire. Si on voit le football comme un mécène, alors, on va
droit dans le mur à moyen terme.

(A ce titre, je suis d'ailleurs inquiet concernant les sections féminines pro des clubs de football. Lyon, Paris et Montpellier investissent à perte dans ces équipes qui n'attirent que très
ponctuellement beaucoup de spectateurs. Gare à elles si le foot féminin n'est plus à la mode.)

Pour les clubs de basket, il faut construire avant tout un modèle économique équilibré et ne pas dépendre de subventions privées ou publiques.

Après, il faut reconnaître que le nom de certains clubs de foot est suffisamment attractif pour aider les clubs à communiquer auprès du grand public avec une sorte de "contrat d'image". L'ASVEL est
suffisamment connue et n'a pas intérêt à devenir l'OL Basket. Par contre, pour Paris-Levallois (PSG Basket) ou Fos-sur-Mer (OM Basket), le nouveau nom pourrait être un atout pour attirer du monde.
Le hic, c'est que si les clubs de foot décident de ne plus "louer leur nom", les clubs de basket auraient à leur toute leur comm' à reconstruire.

thinktank-frenchbasket 24/09/2012 00:21



contribution intéressante concernant le nom du club et le risque qu'il se trouve sujet à multiples changements dans le temps. Pas l'idéal pour se construire une identité.



RV 21/09/2012 14:16

Entièrement d'accord avec vous. Mais je pense que le PSG est le seul club capable de devenir omnisports pour la bonne et simple raison qu'il n'est économiquement pas rentable en temps que tel.
Comme vous l'avez dit, le Real Madrid (et le Barça) est entretenu par la section football.
Mais il aurait aussi été possible d'évoquer l'Olympiakos et le Panathinaikos dont les sections football et basketball sont en fait détenus par deux propriétaires différents.
Quel est le point commun entre tous ces clubs (rajoutons-y le Fener et le CSKA) : leur dépendance vis-à-vis de leur mécène.
Et, malheureusement, c'est aussi le cas pour le PSG.

L'échec du handball et du rugby à Marseille en est la preuve : le club omnisports ne peut exister sans richissime propriétaire et ça, tout le monde le sait.
Mais le problème c'est qu'économiquement parlant, ça reste tout de même plus vendeur que les autres clubs (même si ça ne suffit pas).
Et après tout, le basket français n'a-t-il pas besoin d'un club capable de le tirer vers le haut ?
Le CSKA (bien que peu viable) a conduit au développement des clubs russes. Que dire du Fener qui a encouragé le Besiktas et Galatasaray à réinvestir massivement dans le basket ?

On peut aussi parler de la ville de Montpellier. Handball, football et rugby ne forment pas un club omnisports. Pourtant, si on regarde les finances, la question se pose.