Clubs français en Euroleague

Publié le par thinktank-frenchbasket

Nouveau bulletin météo très alarmant concernant les conditions de qualification des clubs français en Euroleague. Jordi Bertomeu, évidemment refroidi par la compétitivité de nos représentants depuis des années, en vient à légitimement s'interroger sur la place à nous réserver dans la compétition européenne phare. Le problème n'est pas nouveau. Souvenons de ce que nous en disions debut 2009, ce moment clé qui vit le SLUC Nancy entamer un bien périlleux combat qui avait dèjà tout du David contre Goliath :

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Posté le Vendredi 23 Janvier 2009
Et si la France perdait un ticket d’Euroleague ?

Une dépêche parue hier sur basketnews.net, puis relayé par l’Equipe ce jour, faisait écho à une interview donnée par Jordi Bertomeu à un quotidien russe, interview par laquelle le CEO de l’Euroleague s’interrogeait sur la pérennité des deux tickets alloués à la France. En pointe sur le sujet de la refonte du format de l’Euroleague, les dirigeants villeurbannais, par la voie d’Antony Thiodet, Vice-Président, font connaître à ceux qui les suivent, via asvel.com, leur analyse de la situation.

Antony, cet écho vous surprend-il ?

Cette nouvelle est tout sauf une surprise. Elle est conforme aux évolutions adoptées en ce que la perspective a toujours été que la Russie bénéficie demain de deux représentants : une licence A pour le CSKA et le champion national. Reste à savoir au détriment de qui cette évolution se fera. Au détriment de la France et de ses deux tickets, de l’Espagne et de ses cinq tickets ou de l’Italie et de ses quatre tickets ? Une fois cette question posée, ce qui est inquiétant, c’est qu’il nous semble que la France est en train de récolter ce qu’elle a semé. Comment ne pas comprendre que Jordi Bertomeu s’interroge sur la situation de la France quand en plus des résultats sportifs qui ne sont pas à notre avantage, nous sommes probablement le pays qui a manifesté le plus de résistances aux évolutions que l’Euroleague a définitivement adoptée à Berlin en juillet dernier ? Après la LNB par la voie de René Le Goff, ce sont ensuite Nancy puis Le Mans qui ont fait connaître plus ou moins directement leur opposition à la mise en place du nouveau format. Ils ont labouré le terreau de la sacro-sainte légitimité sportive, assez bien relayé par certains médias, et cela nous revient en pleine figure. Nulle part ailleurs en Europe autant de critiques n’ont été exprimées sur les projets de l’Euroleague. Pendant ce temps, dans les autres pays, nos concurrents se sont plutôt appliqués à souffler dans les voiles de Jordi Bertomeu, à le courtiser. Et si j’en crois les échos qui en ont été donnés par les quotidiens Lietuvos Rytas en Lituanie et Sport Express en Russie, les médias ont compris dans ces pays là que le Basket local avait tout à gagner à ce que le nouveau format de l’Euroleague soit mis en œuvre sans les oublier. Aussi, Jordi Bertomeu qui n’a aucune raison de s’opposer à ses intérêts financiers s’interroge naturellement sur les choix à faire. Continuer à protéger la France, ses mauvais résultats, où tout le monde avance en ordre dispersé et où tant de critiques se manifestent ou penchent du côté de ceux qui paraissent mieux armés sportivement et qui ne font que louer ses orientations.

Mais tout le monde n’est pas non plus favorable aux évolutions adoptées par l’Euroleague. L’ACB a par exemple fait valoir son désaccord.

Que la meilleure ligue d’Europe, locomotive du Basket continental, bombe le torse et énonce quelques résistances portées par des clubs que la réforme menace, cela semble normal. Elle est en situation de le faire. Mais la France n’a guère les moyens dans l’immédiat de se livrer à ce genre de rapport de force. Il nous faut maintenant très vite identifier nos atouts et les faire valoir en évitant si possible la cacophonie.

Mais alors quels sont ces atouts ?

Je m’en remets à l’interview donnée en septembre par Jordi Bertomeu au Progrés. « La France est un marché très important » signifiait-il. Et effectivement, l’Euroleague peut difficilement envisager faire sans deux des trois puissances économiques européennes, puisque l’Angleterre est pour l’instant hors du jeu. D’autant que cette puissance économique de la France s’exprime directement vis-à-vis d’elle à travers les droits télévisuels versés à l’Euroleague, puisque Canal+ est de loin le plus gros contributeur. Et Jordi Bertomeu sait sûrement très bien que dans l’hypothèse où la France n’aurait plus qu’une seule équipe, alors la contribution de Canal+ viendrait à diminuer automatiquement. En plus de cela pour sécuriser les recettes de Canal+, il faudra qu’émergent rapidement un ou des projets sportifs en France qui offrent plus de garanties sportives et rendent le produit plus attractif. Il nous faut donc un accélérateur de particules, et nous continuons à penser qu’une licence A venant en complément du ticket alloué au Champion de France est le bon accélérateur pour le Basket français. Puisque nous sommes manifestement en train de perdre un des tickets attribués par la voie sportive, celui offert jusque là par la voie du ranking, et que nous n’avons guère d’arguments à faire valoir pour le défendre, battons nous donc pour qu’il y soit substitué un ticket permanent par la voie d’une des deux wild-cards qui seront distribuées, celles qui vont récompenser des efforts structurels entrepris ici ou là et qui apporteront des garanties sur le développement économique de l’Euroleague sur le long terme.

Mais d’autres pays vont solliciter l’obtention de cette wild-card.

Sans aucun doute. Et c’est parce que la concurrence sera féroce qu’il nous faut concentrer nos forces sur ce seul objectif, les fédérer, plutôt que les disperser dans la défense de nos intérêts particuliers. A cet égard, éclaircissons un point : quand au titre de l’ASVEL on suggère que Nancy, Le Mans ou d’autres soient candidats à une licence A, s’ils en ont les capacités, c’est qu’on imagine que plus nous serons nombreux dans cette course, et plus la France aura une chance de gagner une des deux wild-cards. Je ne sais pas où en sont les autres, mais j’ai la faiblesse de croire que l’ASVEL peut faire entendre un certain nombre d’atouts à Jordi Bertomeu, de ceux qui devraient s’imposer à d’autres provenant de l’Europe de l’Est. En effet, dans l’interview accordée au Progrès, à une question portant sur les fonds investis dans certains clubs de l’Est, il avait répondu : « pour dire qu’ils sont très positifs, il faudra qu’il y ait une stabilité dans la durée ». Quand on voit les évolutions récentes à Vilnius ou Mariupol, leur complète désintégration à la fin du premier tour d’Eurocoupe, on ne peut que s’interroger sur la stabilité économique de ces modèles. Or en France, grâce aux travaux de la DNCG, nul ne peut remettre en cause la stabilité économique de notre modèle. Reste à le rendre sexy et à mieux le promouvoir. Encore une fois faisons valoir nos atouts, fédérons nos énergies. N’oublions pas par exemple que nous sommes le pays européen le plus représenté en NBA. Qu’une des stars mondiales de notre sport est française. Que nous jouissons d’un fort potentiel de talents athlétiques. Et bien d’autres atouts que j’oublie sans doute. En tout cas, à l’ASVEL, nous n’allons pas renoncer à mener cette campagne pour l’obtention de cette wild-card. Et nous espérons que les instances françaises, la FFBB et la LNB, prendront bientôt position dans le sens de cette lutte pour l’obtention d’une wild card.

Et comment va s’articuler cette campagne dans les prochaines semaines ?

Nous devrions très vite concrétiser une évolution majeure dans la structure du club, tant sur le plan sportif que capitalistique. Elle nous offrira la possibilité de passer la surmultipliée sur le plan des moyens alloués au secteur sportif, et ce dés la prochaine saison. Cette évolution et ses conséquences sur notre compétitivité sportive contribueront à définitivement rassurer les investisseurs qui sont fédérés autour du projet de salle et avec lesquels nous finalisons les derniers détails (ce n’est jamais le plus facile) avant de présenter au Grand Lyon un dispositif complètement ficelé au plus tard en avril. Dans l’intervalle, il nous faut continuer à gagner nos matches. Rien ne serait meilleur que d’accompagner l’obtention d’une licence A par la voie d’une wild-card par une qualification sportive à la prochaine Euroleague. Cela ferait en plus les affaires du finaliste des play-offs. Comme quoi on ne pense pas non plus qu’à nous !


Pour dire vrai, je m'effraie de relire tout cela. Et je m'effraie de ma totale perte de confiance dans l'avenir de notre sport. Et les promesses des difficultès à venir en espagne ou en grèce ne suffisent plus à me redonner espoir.

Vite ! Faut que ça change !

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