Arbitrage ? laissons de la place à l'erreur

Publié le par thinktank-frenchbasket

La vidéo fait donc officiellement irruption dans l'arbitrage à compter de la coupe du monde de football 2014. "Enfin" se réjouit le plus grand nombre. "Attention, ouverture de la boite de Pandore" pour les autres. Et bien je me rangerais plutot spontanément à l'avis de ceux-là.

 

Il me semble en effet que s'ouvre maintenant une course à l'armement téchnologique dans le but de substituer au jugement de l'homme (l'arbitre), le jugement des machines. Ne croyez pas que je sois opposant au progrés. Mais le progrés ne doit surtout pas à mes yeux altérer les fonctions d'une pratique.

 

Or, souvenons-nous que le sport a depuis son origine une importante fonction d'intégration sociale. Notamment par la voie de l'enseignement du respect. Du respect de l'autre, des rêgles, de la hiérarchie. Les récents et renouvellés événements ayant frappé l'Equipe de France de Foot nous l'ont enseigné. La sensation de dégout spontané se fonde de mon point de vue essentiellement que les concernés ont ostensiblement foulé du pied ce principe de respect des autres.

 

Mais alors, comment exiger de ceux qui ont foulé leur maillot du pied qu'ils remettent de l'ordre dans leur système de valeurs et conclure dans le même temps que la seule solution pour protéger l'arbitre est de lui adjoindre de la technologie ?

 

Non ! la vraie solution pour protéger la fonction arbitrale c'est là aussi de restaurer le respect de la fonction. En acceptant le principe que l'arbitre, comme chacun de nous tous les jours, peut commettre des erreurs. Que l'erreur fait partie du jeu. Que le processus de les pardonner fait partie de l'essence même de la pratique et de l'enseignement qu'elle procure.

 

Le deuxième argument plaidant dans ce sens rejoint celui énoncé par Michel Platini. en instaurant de la technologie couteuse au niveau professionnel, on tend plus que jamais vers l'émergence d'un football à deux vitesses. Et pourtant, une des autres vertus des disciplines sportive, Basket compris, réside bien dans l'exemplarité. Comment allons nous faire comprendre aux millions de gamins qui sont tous les jours sur les terrains sportifs qu'ils doivent respecter la décision arbitrale tandis qu'au niveau professionnel on a eu besoin de la multiplication des caméras.

 

Je plaide donc pour un arbitrage naturel, avec son lot d'erreurs, en même temps que je plaide pour un désacralisation de la fonction arbitrale. En 10 d'investissement dans le monde professionnel du Basket, j'ai vu la situation des arbitres évoluer de moments de convivialité, où on avait plaisir à les rencontrer autour d'un verre au VIP pour échanger par exemple des erreurs que nous avions cru constater, à des moments de sur-protection, voir d'enfermement, où les arbitres n'étaient plus désignés à l'avance, où les clubs n'avaient plus d'aller les accueillir comme des amis au train, où le VIP leur devenait interdit, où l'accès de leur vestiaire nous était interdit. Cette logique d'enfermemnt conduit inévitablement à une méconnaissance des hommes qu'ils sont et donc à une incapacité de dialoguer qui entraine vite la perte de respect à leur encontre.

 

Aussi, j'aurai préféré qu'on privilégie l'utilisation de la vidéo pour détecter les actes trop nombreux de simulation des joueurs, voire d'expression d'une mauvaise foi évidente, et qu'on les comdamne trés sévérement. Car ce fléau là me semble bien plus dangereux que les erreurs de nos arbitres qui continueront à émailler les rencontres en dehors de la validation que le ballon ait passé ou pas la ligne. Et quoi dans le futur ? une solution téchnologique à l'appréciation d'une faute offensive ou pas dans les 30 secondes qui ont précédé l'action de but ou de panier ? 

 

Faisons simple et effciace. Remettons de l'humain dans tout cela. 

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Pierro 13/09/2012 21:48

Merci d'avoir abordé ce sujet et désolé de n'avoir réagi plus tôt...

Si je me suis insurgé du faible niveau des arbitres aujourd'hui en France (que la dernière réforme en date a bien aidé à rendre encore plus médiocre), je suis également contre un arbitrage vidéo
permanent.

Il est trop facile de juger sur des images, a posteriori, bien calé dans son canapé ou dans son fauteuil de commentateur, quand l'arbitre n'a qu'une fraction de seconde pour prendre sa décision,
irrévocable.

Les sports ayant recours de manière abusive à l'arbitrage vidéo deviennent pénibles à regarder (les dernières minutes des matchs de foot US) et sont une négation de l'humain dans son appréciation
instantanée de la Règle.

Je souhaite vraiment que les arbitres de basket en France s'améliorent et retrouvent le niveau qu'ont pu avoir en leur temps(les 90's) leurs ainés. Mais la technologie ne sert à rien si les hommes
n'ont pas les compétences ni l'expérience. Ces 2 dernières saisons, j'ai pu assister à nombre de matchs, de la N1 à la Pro A, sans parler de ceux télévisés, et à chaque fois, sans exception, il y a
tellement de bourdes et d'incohérence, que ça saute aux yeux de tous.

Bien sur que l'erreur est humaine, bien sur que les arbitres ont droit à l'erreur mais comment se fait-il, que dans un sport dit professionnel où les principaux acteurs sont payés des fortunes, que
les garants du Jeu ne soient pas professionnels,eux????

Commençons peut être par là, et avec des entraînements, des échanges avec leurs homologues, des expériences dans diverses ligues européennes, un soutien sans faille de la Fédération et la Ligue,
alors le niveau augmentera de lui même, les erreurs deviendront anecdotiques et nous pourrons de nouveau cotoyerles arbitres comme des acteurs du jeu et non comme des boulets...

Philippe Renaudin 10/08/2012 17:22

Le respect de l'arbitre s'obtient par son impartialité, pas par son infaillibilité. Tolérer l'erreur oui, ne pas tout faire pour en réduire fréquence non. dans un monde professionnel, la perfection
est l'objectif. Supporterait on un joueur qui dirait : "ok je tourne a 60% aux LFs mais c'est parce que je m'entraine peu, il faut laisser la place a l'humain"
Il y a part de l'arbitrage qui restera subjectif (faute ou pas faute ?) mais ce qui peut être améliore doit l'être. Et le fait que les pros soient les premiers a en bénéficier est habituel.
Pour ce qui est du flopping, son apparition n'est que la conséquence ultime de l'augmentation de la tolérance des contacts. Si on sifflait comme dans les années 90, le basket serait un feu
d'artifice. Quel néophyte neutre peut prendre du plaisir devant Espagne / France ? En 1990/93 les arbitres ont laisse gagner les Pistons et Limoges, au lieu de les cribler de fautes. On connait la
suite.