6,5 m€ de recettes ticketing pour les franchises de superligue

Publié le par thinktank-frenchbasket

C'est l'objectif que j'énonçais dans ce post : Vite, une Ligue fermée !!!!

 

Nombreux d'entre vous m'ont exprimé leurs doutes quant à la pertinence de ce chiffre. Je vais tâcher de les rassurer.

 

En premier lieu je vais m'intéresser à ce qui a été constaté dans d'autres disciplines sportives, mais aussi dans l'industrie du cinéma ces dernières années.

 

C'est la lecture du rapport besson sur la compétitivté économique du football français qui situe le mieux le débat. Consultable à cette adresse http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/084000693/0000.pdf il fixe les enjeux, notamment en ses pages 17 et suivantes qui révèlent le différentiel entre les recettes de billetterie du foot français et celles de ses concurrents.

 

Ce différentiel provient mécaniquement :

 

- de la capacité des enceintes : pour en revenir au basket on apprend ici http://nfbourreau.wordpress.com/2010/10/12/lnb-capacite-des-salles-de-pro-a-2010-2011/ que la capacité moyenne des salles en LNB s'établissait pour la  saison 2010/11 à 4.567 sièges tandis qu'au même moment la capacité moyenne des salles de liga ACB flirtait avec les 9.000.

 

- des tarifs moyens appliqués aux billets. Sur ce point précis, pas de statistiques disponibles à ma connaissance pour le Basket. Mais l'examen de données issues d'autres disciplines, de la NBA,  d'autres spectacles de salles, est éclairant.

Dans le football anglais, la modernisation des stades et le plan antihooligans ont porté le tarif moyen des billets à 43€, soit 10 fois plus cher qu'il y a 20 ans, tandis qu'il plafonne en France en-dessous de 25€. On serait donc tenté d'établir une correlation entre le confort offert dans les stades et le prix pratiqué même si l'allemagne constitue un contre-exemple, elle qui a peu fait évoluer le tarif moyen des billets (à près de 30€ en moyenne toutefois) aprés la construction des nouveaux stades pour la Coupe du Monde 2010. La correlation est donc possible, sans s'imposer de fait.

En NBA, alors que le tarif moyen dans des salles vieillissantes était de 22USD en 1991/92, il a été porté, en monnaie constante, à 48USD (pour les seules places grand public) en 2009/10 dans des salles modernisées.

L'industrie du spectacle vivant (concerts) a elle surfé sur l'effondrement de l'industrie du disque pour doubler le nombre des billets vendus en europe en 10 ans avec un tarif moyen de billets devenu supèrieur à 50€.

Enfin, dans le cinéma, après s'être effondré entre 1985 et 2000, le nombre d'entrées par habitant et par an a presque doublé en France depuis 10 ans tandis que le tarif lui décollait significativement. Avec 178 multpilexes récents (sur plus de 2000 salles en France) qui pèse plus de 50% des entrées, nul doute quant à la correlation entre la modernisation du parc des salles et l'augmentation de la fréquentation et des tarifs.

 

Que retenir de tout cela en priorité ? que des centaines de millions de consommateurs en Europe sont disposés à payer des sommes de 30/40€ et plus pour assister à un spectacle de qualité dans des enceintes confortables et que donc une marge de manoeuvre conséquente demeure sur cet aspect pour un basket ambitieux.

 

En second lieu, je vais m'attarder sur les différentes données à partir desquelles j'ai fixé cet objectif de 40€ de moyenne pour les 8.000 spectateurs présents.

 

Déjà, il convient de prendre en compte que s'agissant d'une moyenne, elle intégre le prix de ventes à toutes les catégories de public, des places destinées aux partenaires aux places sur lesquelles des pratiques promotionnelles et/ou de yield management pourront être élaborées, à l'image de ce que pratique les compagnies d'aviation par exemple.

 

Or il faut savoir que dans une Arena moderne, 15 à 20% des places sont consacrées à des clientèles d'entreprises. Sur une base de capacité à 10.000, cela fait donc 1.500 places au moins qui vont à ces catégories. Sur ces places, le prix de ventes du billet, hors prestations de relations publiques, est envisager à 150€ (ce qui correspond à un tarif à l'année équivalent à celui payé par les partenaires dans bien des salles actuelles de PROA). Pour les 6.500 autres places, je me suis fondé en fait sur un tarif moyen intermédiaire entre ce qui est pratiqué dans le football français (23€) et dans le basket français (soit 11€), soit 17€.  La compilation de ces données dont vous ne pourrez pas dire qu'elles sont fantaisistes nous porte vers un tarif moyen de 41,93€.

 

Bien sûr l'atteinte de ce tarif moyen dépend de la capacité de recruter le nombre de clients entreprises correspondant au 1500 places qui leur sont dédiées, soit sur un base de 4 places par package, 375 clients à enregistrer. C'est pour cette raison que je n'envisage pas de positionner une franchise de Superligue ailleurs que sur un marché puissant sur lequel on va pouvoir en outre coupler au fan assistant à toutes les rencontres une quantité croissante de consommateurs ponctuels prêts à payer leur billet plus cher compte tenu qu'ils viendront mois souvent. Et dés lors, cet objectif de 375 clients est à pondérer avec le nombre de sociétés enregistrées au RC des marchés concernés.  Ainsi, sur Lyon, ce sont plus de 70.000 entreprises qui sont déclarées. Quel dirigeant ambitieux du basket français pourrait douter de la capacité de notre sport de faire de 375 des ces 70.000 entreprises des clients d'une franchise de superligue ??

 

Comme l'heure avance, nous reviendrons ultèrieurement sur notre capacité à générer les 8.000 spectateurs de moyenne par lesquels nous pourrons atteindre les objectifs de CA sur une base de 40€ de tarif moyen. Tant en terme de recrutement que de fidélisation.

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NicoD. 17/03/2012 10:10

Merci pour votre démonstration qui m'éclaire sur ce fameux chiffre de 40 €.

D'un coup, je suis plus optimiste. :)

Pierro 16/03/2012 15:26

Pour les salles d'euroleague qui sonnent creux, ça rejoint en partie l'analyse de Bertomeu et d'Anthony: les matchs doivent être calés sur des créneaux sans concurrence pour s'assurer l'affluence
maximale. Et donc le week-end pour les métropoles, n'en déplaise aux puristes pour qui le championnat national ne peut se jouer à un autre moment.
D'autre part, est-ce que toutes les salles d'Euroleague peuvent se targuer d'être des enceintes modernes avec les critères des Arenas? Je ne peux être affirmatif, n'ayant pas visité suffisamment de
salles, mais vu la date de cosntruction de la plupart d'entre elles, j'en doute fort...

Et 3è point, les tarifs: je serai curieux de voir le prix moyen à Tel Aviv (plus grosse affluence moyenne et quasi toujours sold out) et Athènes (sold out seulement pour les matchs à enjeux et les
derbys athéniens, vide le reste du temps).

Le seul endroit où le public n'a (a priori) que faire de la qualité d'accueil est l'Espagne: quand je regarde des matchs espagnols (Liga Endesa ou EL), c'est blindé, ça braille, ça vit quoi! Et
pourtant, bien des salles ont des visuels "dignes" de la Pro A...Comme quoi, il y a beaucoup d'espoir si des personnes compétentes sont mises aux bons postes!

Vous faites quoi M. Thiodet les 15 prochaines années?

Stéph 16/03/2012 07:35

Piero est empreint de bon sens et je le suis entièrement, autant sur son enthousiasme que sur ses interrogations (et moi aussi je suis angevin ! Et j'ai aussi vécu à Pau ! :o) )

J'ai vu beaucoup de grandes salles d'Euroleague sonnées creux, sans rapport avec l'intérêt élevé du spectacle.

Bien que je m'interroge sur la capacité à remplir cette salle de manière extrêmement récurrente, il faut essayer !!!

Pierro 15/03/2012 18:28

Ok, j'y vois beaucoup plus clair et ça me paraît d'une part tout à fait réaliste mais d'autre part tout à fait sous estimé!
Sur la base de tous les critères déjà énoncés (arenas, localisation des équipes de superligue,etc.), il est évident que le tarif des places "entreprises" peut raisonnablement être beaucoup plus
élevé!

Juste pour revenir sur les affluences cinéma et concerts: malgré des tarifs devenus honteusement élevés sans que le confort ou les prestations aient augmentés de la même manière, les cinéma
n'enregistrent pas de baisse d'affluence et les concerts de grosses têtes d'affiches sont toujours complets. Preuve que proposer un spectacle de qualité, quel que soit le tarif finalement, assure
une affluence maximale.

La question, pour le sport, est de remplir son enceinte à une fréquence élevée, ce qui ne peut se faire avec les seuls accrocs / supporters, qui ne disposeront pas (tous) des moyens financiers pour
être abonné à l'année et nes eront pas assez nombreux pour remplir plus du 1/3 (1/4? moins?) d'une arena...